Charte du Comité des Elèves Francophones
1. D’où vient le CEF ?
Le CEF a été créé en novembre 2006 par quelques élèves liégeois qui avaient l’objectif commun suivant :
- agir sur les problèmes liés à l’enseignement dans le seondaire
- développer la démocratie dans l’école
- ouvrir l’école à la société
Pour ces 3 raisons, nous avons décidé de lancer un syndicat des élèves.
A ses origines, le CEF s’est d’abord construit dans la région liégeoise sous le nom de CEL (Comité des Elèves Liégeois). Mais très vite, nous avons décidé de nous organiser au niveau de la
Communauté Française. Logique ! Notre ministre de l’enseignement ne décide pas rien que pour Liège, ou Bruxelles, ou Charleroi, mais bien pour toute la Communauté.
2. Quelles sont les idées du CEF ?
A. Le CEF est un syndicat :
Le CEF est un syndicat écolier. Nous pensons que c’est nécessaire que nous ayons notre mot à dire sur le présent et l’avenir de nos écoles. Or pour le moment, lorsqu’un décret ou une loi est voté
qui concerne nos écoles, seuls les élus politiques (les députés et les ministres), les syndicats des profs, les directions et les associations de parents (et encore, ce n’est pas toujours le cas)
sont consultés. Pourtant, nous sommes autant, voire plus concernés par ces lois et on ne nous consulte pas. Et comme un des objectifs de l’école est de nous apprendre à nous exprimer, nous avons
clairement le droit d’avoir notre mot à dire sur l’école.
B. Les 3 grands axes du CEF :
1) Les problèmes liés à l’enseignement
Il y a de moins en moins d’argent qui est consacré à l’enseignement. Les chiffres sont clairs. Dans les années 80, 7 % du PIB (toutes les richesses produites en Belgique) était injecté dans
l’enseignement. Mais avec l’approfondissement de la crise, on n’injecte plus aujourd’hui que 5 % du PIB dans notre formation. Les conséquences ? On les rencontre tous les jours et à tous les
niveaux bien que chaque école connaisse une situation différente. Vieux bâtiments, toits qui fuient, chaudières en panne, ordinateurs dépassés, vieux outils ou machines en panne dans les ateliers,
vieux manuels scolaires, toilettes bouchées, nourriture de mauvaise qualité… Tous ces problèmes sont différents et toutes nos écoles ne connaissent pas tous ces problèmes. Mais ce qui est certain,
c’est que les problèmes vont en augmentant et qu’il y a une cause principale : le manque de financement. Le CEF veut que nous, les élèves, nous ayons notre mot à dire sur tous ces problèmes qui
nous touchent au quotidien et qui jouent sur notre formation.
2) Développer la démocratie dans nos écoles
Avoir notre propre syndicat, c’est atteindre ce premier objectif démocratique : que toutes les personnes concernées par un problème soient consultés, y compris nous, les élèves. Développer la
démocratie, c’est aussi que chacun puisse s’exprimer, que l’école favorise l’expression, l’échange d’idées, la construction de notre personnalité et nous amènes à prendre position en toute
indépendance sur la société. Nous ne disons pas que la démocratie n’est jamais respectée dans les écoles. Par contre, nous disons que dans certaines, plus que d’autres, tout, absolument tout, est
décidé par la direction et que les profs et encore moins les élèves ne sont consultés. Là où la démocratie est déjà développée, il faut la pousser plus loin. Là où elle ne l’est pas, ou quasi pas,
il faut la développer.
3) L’ouverture de l’école à la société
Nous pensons que l’école ne doit pas seulement nous apprendre à lire, écrire, calculer, réfléchir, comprendre, s’exprimer et nous apprendre un métier. Elle doit aussi être un lien où l’on apprend à
se faire son avis sur la société, à l’améliorer, à la changer. Nous sommes des citoyens et des futurs travailleurs. Dans ce cadre, le CEF veut développer la culture du débat, la prise de position
et des actions et des projets concrets sur des thèmes liés à la société comme les guerres, la montée du fascisme, le chômage dans la jeunesse, la démocratie, la pauvreté en Belgique et dans le
Tiers-monde.
3. Comment fonctionne le CEF ?
Le CEF est un syndicat indépendant. Nous ne dépendons ni de la Communauté Française, ni des directions d’écoles, ni d’autres syndicats. Nous sommes solidaires et nous collaborons avec tous ceux qui
veulent une société et un enseignement plus juste et plus démocratique.
Le CEF s’organise par section. Chaque section correspond à une école. Tout qui veut créer un groupe du CEF en a le droit, à condition que le Comité Fédéral donne son accord. Le Comité Fédéral, une
fois l’accord donné, aidera au mieux pour que la section se développe. Une section regroupe au minimum 3 personnes qui doivent se réunir au minimum 2 fois par an.
Le Comité Fédéral regroupe actuellement les élèves fondateurs du CEF. Toutes les provinces dans lesquelles se trouvent des sections du CEF y sont représentées par maximum 3 membres.
Le Comité Fédéral est élu par les responsables de section qui sont eux-mêmes élus chaque année dans leur propre section à bulletin secret par les membres qui ont été présents au moins à 3 réunions
l’année précédente. L’élection du responsable de section doit recevoir l’accord du Comité Fédéral.
Le Comité Fédéral doit convoquer, au minimum une fois par an et plus si la situation est nécessaire, une assemblée des responsables de section afin que les responsables de chaque comité des écoles
de la Communauté Française échangent leurs idées sur les points d’actualité ou des points concernant la vie du CEF. L’élection du Comité Fédéral a lieu tous les deux ans.
Seul le Comité Fédéral peut, lorsqu’il décide que c’est nécessaire, dissoudre le CEF.
Chaque élève qui s’organise dans le CEF le fait en fonction de ses moyens et de ses possibilités. Chacun est libre d’y exprimer ses opinions dans un débat démocratique, sauf des idées fascistes.
Les idées, les actions et les projets défendus et menés par les sections du CEF doivent être en accord avec les principes et les idées du CEF.
Les sections du CEF essayent au maximum de se réunir et des monter des projets, des actions en lien avec les trois grands axes. Pour y arriver, des réunions de section sont nécessaires. Tout le
monde doit pouvoir y exprimer son avis dans une ambiance la plus démocratique possible. Les réunions de section doivent être un lieu où la démocratie bat son plein.
Chaque section décide, outre les règles exprimées ci-dessus, de son propre mode de fonctionnement. Le Comité Fédéral encourage néanmoins à un échange des meilleures expériences afin de profiter de
ce qui marche déjà et de ne pas devoir reproduire des erreurs qui ont déjà été commises autre part.
4. Quel est le lien entre le CEF et les conseils de délégués ?
Nous ne sommes absolument pas contre les conseils de délégués ou les autres formes d’organisation démocratique des élèves dans nos écoles (conseils de classe, autres syndicats écoliers…). Au
contraire. Au contraire.
Le CEF veut aider, là où c’est possible, à augmenter l’utilité du conseil des délégués et lui rendre son rôle premier : celui des représentants des élèves devant la direction et les professeurs. Le
CEF ne veut donc clairement pas remplacer le conseil des délégués. Bien au contraire, nous avons comme objectif par rapport à ce conseil d’informer les autres élèves sur l’importance, le rôle et
les objectifs du conseil. Nous voulons aussi dynamiser et rendre utiles ces conseils. Dans ce sens, nous appelons tous les membres des sections du CEF à prendre les élections des délégués au
sérieux et à s’y présenter.
5. Comment organiser un groupe du CEF dans son école ?
Le CEF veut construire une école accessible à tous, de qualité et qui donne une bonne formation. Pour cela, nous sommes convaincus de deux choses.
Premièrement, nous devons être patients. Nous n’allons pas tout résoudre. Ce que nous commençons aujourd’hui, d’autres le continueront demain. Les difficultés sont nombreuses mais nous voulons
commencer un travail sérieux et construire quelque chose de solide.
Deuxièmement, nous ne devons pas nous prendre pour des super héros et croire que nous allons pouvoir changer les choses seuls, dans notre coin. Si parfois il arrive que dans une école, une ou deux
personnes arrivent à faire changer les choses, régler un problème, lancer une grève ou autre, le bilan que l’on tire de notre expérience de notre première année de travail est le suivant :
construire un groupe, travailler en groupe, c’est notre force principale. C’est pour cela que le CEF fonctionne par section. Voici les raisons fondamentales de ce choix :
- un groupe, c’est d’abord plein d’idées, c’est synonyme de débat. Il y a donc plus de chances de trouver une solution avec plusieurs cerveaux qu’avec un seul.
- Un groupe, c’est plus représentatif. Quand on parle au nom de cinq, dix, vingt ou trente personnes d’une position qui a été discutée et décidée en section, on a toujours plus de
poids que quand on parle en son propre nom.
- Un groupe, c’est plus fort. Si tu veux mener une ou plusieurs actions dans ton école, c’est toujours plus facile quand tu travailles en groupe que tout seul. On est plus
efficace, plus fort, mieux organisés.
- Un groupe, c’est du travail à long terme. Nos objectifs sont ambitieux et les changements que l’on veut amener ne se feront pas d’une baguette magique.
Mais attention, construire une section n’est pas facile. Voici quelques règles qui font qu’un groupe fonctionne bien :
- Une section, c’est minimum trois personnes
- l’objectif de la section est de discuter, réfléchir et agir sur base des trois axes du CEF
- la section se réunit dans l’école. Si ce n’est vraiment pas possible, il se réunit en dehors
- le mieux pour la section est d’avoir l’accord de la direction pour éviter les ennuis. Si tu ne l’as pas, ne t’arrête pas. Ce n’est qu’une embûche parmi d’autres à surmonter
- plus la section est grande, plus elle est efficace, plus elle a du poids pour faire changer les choses et créer des actions et projets
- les décisions importantes et les activités doivent être annoncées à l’ensemble de l’école par divers moyens (passer dans les classes, affiche, tract, assemblée générale,
msn…)
Cela peut paraître embêtant d’insister autant sur le groupe, la section, mais c’est pourtant la clé de toutes nos futures réussites. Si tu es en 5ème ou en 6ème, et que tu te bats pour les idées du
CEF dans ton école sans construire ou aider à construire de section, que va-t-il se passer lorsque tu auras quitté le secondaire ? Plus rien… Investir dans une section, c’est investir à long
terme pour nos idées.